Médiathèque - Une allège d'Arles (bateau bleu)
Une allège d'Arles soutenue par 
Les Gréements Languedociens.
Un élan de solidarité pour la Casamance
Quel drôle de nom : Allège

En fait, au XIIIème siècle, l'allège était le bateau de transport le plus approprié sur le Rhône. Ils transportaient du bois, des pierres d'Arles, du fourrage. Ces bateaux à fond plat étaient aussi utilisés pour le chargement et le déchargement de plus grosses unités au départ de Marseille et de Toulon.

 ...Ils étaient faits pour... alléger !

Jean-Marc Midavaine, passionné par l'action humanitaire, décide de faire un bateau avec une seule idée en tête : Venir en aide. Son choix se porte sur la Casamance, et avec d'autres organismes, il décide de faire une allège, certes avec les moyens modernes dont nous disposons. Ce genre d'embarcation à fond plat et de grosse capacité de chargement est parfaitement adapté pour naviguer sur un fleuve bordé de mangroves.

Après 17 ans de passion et d’efforts, il arrive avec son allège à Frontignan, par le canal du Rhône à Sète, point de départ de son périple.

Ce bateau bleu, tout rond, tout neuf, amarré près de la darse à Frontignan a tout de suite attiré mon attention.

Je m'approche, il s'appelle Tsaphnath - Panéal. Tsaphnath - Panéal, ce qui, je l'apprendrais plus tard, de la bouche du skipper, veut dire Joseph, pas le Joseph de Nazareth dont les chrétiens connaissent bien l'histoire, un autre Joseph, orphelin, fils de Jacob, vendu par ses frères aux égyptiens et qui se hissa jusqu'aux plus hautes dignités égyptiennes et s'assit sur le trône aux côtés d'un grand pharaon.

Ce bateau a été construit, par son propriétaire, Jean-Marc MIDAVAINE. Commencé il y a 20 ans, il a quitté sa ville de Tournus en janvier 2012 pour son premier grand voyage. Et quel voyage ! il s'en va jusqu'en Casamance apporter un braban avec soc réversible, (charrue à traction animale), une avancée pour ces paysans qui labourent encore leur champs avec une araire, 6 lits électriques médicalisés, 3 couveuses, des machines à coudre à pédale, des jeux, des jouets, des vêtements…

Ils font donc une dernière halte à Frontignan pour terminer la préparation du bateau, monter les voiles catalanes, en coton, spécialement fabriquées par un artisan égyptien et cousues à la main, faire la vidange du moteur. Leur itinéraire : Frontignan, Gibraltar, Safi, Dakhla, St Louis du Sénégal.

L'association des gréements languedociens les a aidés à gréer mâts et voiles. Ils vont donc prendre la mer le 1er mai, direction l'Espagne, Gibraltar, le Maroc, puis et enfin le Sénégal. Là-bas, ils passeront par St Louis, Dakar et enfin la Casamance ; ils remonteront le canal qui est maintenant ré-ouvert après une remise en état. Le trio compte rester 6 mois là-bas, puis revenir vers Tournus pour Jean-Marc et Chantal, son épouse, Annonay pour le troisième.

Jean-Marc et son épouse, s'ils naviguent pour la première fois, jeunes retraités, ne font pourtant pas ce périple pour la première fois. Ils ont déjà rejoint la Casamance par deux fois, une fois en camion, une autre fois en voiture, tractant une remorque. Jean-Marc a fondé une association, chez lui, en Bourgogne : l'allège d'Arles, qui œuvre dans l'humanitaire, pris différents contacts avec d'autres associations, mais son petit budget, ne lui permettra pas de ramener le bateau cette année (il prévoit 3000 euros de gas-oil pour l'aller), pas plus qu'il ne pourrait s'offrir une place dans un port méditerranéen.

En juin, le skipper ardéchois, Gérard Robert, de retour en France me donne des nouvelles, et quelques photos. La mission humanitaire de Jean-Marc et Chantal va se poursuivre sur le fleuve. Le bateau ne naviguera pas en Casamance.